Remember Petrucciani : l’hommage du guitariste Philippe Petrucciani

Pour clôturer sa saison, l’association Crescendo avait vu les choses en grand, en invitant samedi 20 octobre à la salle des fêtes de Fons une formation jazz de haut niveau, autour de la mémoire de Michel Petrucciani et de son œuvre. Qui de mieux, pour les faire revivre, que son frère Philippe, guitariste, et sa compagne Nathalie Blanc ? Un autre familier du clan, Guy Ould Yahoui que l’on connaît bien ici, tenait la batterie. Enfin, pour tenir la ligne de basse et enrichir les harmonies avec son orgue Hammond électronique, Thierry Gonzalez. Lui non plus n’est pas un inconnu ici : l’an dernier à la même date, Guy et Thierry donnaient un concert très marquant autour du répertoire d’Ella Fitzgerald.

La nouvelle formation en quatuor, dont c’était le premier concert, réunit de très belles qualités techniques, un son riche et chaud, une rythmique volcanique et subtile, et un répertoire émouvant : on retrouve les thèmes célèbres du pianiste, réinterprétés et renommés par Nathalie, qui a écrit des paroles pour les adapter à la voix et au scat. Beaucoup d’harmonies latines (Memories from Paris) ou brésiliennes (Brazilian like), de la bossa, quelques clins d’œil à Chet Baker (Alone together) et pour finir une reprise émouvante de Besa me mucho. Les instrumentistes prennent tour à tour des solos très virtuoses et déconcertants, la guitare (Philippe Petrucciani) sortant parfois des harmonies très inattendues – l’art de prendre l’auditeur à contre-pied ! Une soirée très riche, devant un public venu en nombre, et dans une salle des fêtes métamorphosée en jazz club du village !


En première partie, les auditeurs ont eu la chance de découvrir une nouvelle formation jazz 100% locale : le duo Papillon/Jorda, guitare clarinette. Très à l’aise pour leur première prestation publique, les deux amis, un temps collègues à l’association Triade, jouent un jazz très sud américain, décidément, autour de thèmes de bossa, parfois revisités par le jazz manouche. La clarinette de Thomas Jorda est très fluide et inspirée, l’accompagnement rythmique de Kevin tire nettement vers la syncope et le flamenco. Une formation très prometteuse ! Kevin rejoint la formation principale, en fin de concert, pour un bœuf final, Blues for Wes, dont l’exécution chaleureuse est un bel exemple d’accueil de jeunes interprètes par leurs aînés confirmés.

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